Il faut qu’on parle de Kevin

J’aime beaucoup le principe des livres voyageurs ou des Book Fairies qui cachent des livres un peu partout dans le monde; un livre égaré qui croise mon chemin a toutes les chances de finir entre mes mains. J’aime imaginé son précédent lecteur: le livre lui a-t-il plu et veut-il le partager ou l’a-t-il détesté au point de vouloir absolument sans débarrasser?
Celui-ci était abandonné dans le compartiment à bagages d’un train. Juste le temps de lire le résumé avant l’arrivée en gare, et je suis descendue avec sous le bras.

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Kevin, son fils de 16 ans a abattu neuf personnes dans son lycée. Pour se reconstruire après cette tragédie, Eva retrace, à travers des lettres adressées à son ex-mari, le parcours de Kevin jusqu’au jour du drame.

Il faut qu’on parle de Kevin est un roman sombre, qui fait froid dans le dos. Le sujet principal est déjà terrifiant, mais la tension qui s’accroît au fil des pages le rend encore plus puissant. Alors qu’on pense connaître la fin, on en découvre les moindres détails et c’est bouleversant, insoutenable.

Outre la tuerie, de nombreux autres sujets tabous sont évoqués sous la plume d’Eva: le rejet de la maternité, la grossesse vécue comme une perte de liberté et d’indépendance, l’absence d’instinct maternel…De quoi mettre à mal l’idéal familial américain.

Avec ses lettres, Eva tente de comprendre ce qui a pu motiver la haine de son fils, pourquoi il a commis un acte aussi atroce, l’affaire comme elle dit.
Seule, rejetée par tous et accusée d’être responsable du geste de son fils, elle interpelle, explique son impuissance et j’ai éprouvé beaucoup de sympathie pour elle. D’autant plus face à l’attitude de son mari, totalement aveugle aux problèmes de sa femme. Cependant, on peut aussi comprendre son comportement, après tout son fils a toujours était adorable avec lui. Pourtant, tout au long du récit cet enfant semble profondément malveillant et est extrêmement exaspérant. Plusieurs fois, j’ai refermé le livre de rage face à son attitude !

Enfin, le style, sobre, voir froid, s’accorde parfaitement avec le contexte et le format des lettres très original. 

Le suspense ne concerne pas seulement la tragédie, mais aussi la situation actuelle d’Eva. Pourquoi est-elle seule? Pourquoi Franklin ne répond-t-il pas ? Il faut attendre les dernières pages pour comprendre.

Ainsi, Il faut qu’on parle de Kevin m’a fascinée du début à la fin, difficile de ne pas le dévorer, tout en étant angoissant, terrifiant et émouvant.

Pour une fois, bien que le livre ait été adapté au cinéma, je n’ose pas regarder le film tant le livre est glaçant.

***

Avez-vous lu ce livre, vu le film?
Qu’en pensez-vous?

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Un commentaire sur “Il faut qu’on parle de Kevin

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